En quoi consiste la formation des réservistes de la gendarmerie ?

  • Par Pablo Agnan
  • Publié le 24 novembre 2022, mis à jour le 03 février 2023
© Bcom RgBret

120 réservistes opérationnels de la Région de gendarmerie de Bretagne (RGBRET), issus des Préparations militaires gendarmerie (PMG) de 2021 et 2022, ont suivi une formation complémentaire de cinq jours au Centre régional d’instruction (CRI) de Pontivy, pendant les dernières vacances de la Toussaint.

Pour les réservistes, l’objectif de cette formation est d’acquérir des connaissances complémentaires à leur PMG, nécessaires pour être engagés sur le terrain. Parmi les savoirs acquis au cours de ces cinq jours, se trouve notamment l’Intervention professionnelle (I.P.), module le plus important en termes de volume horaire (plus de deux jours consacrés à cette thématique).

Parés à l’engagement

L’I.P. constitue la base de la formation initiale en gendarmerie, et est au cœur du métier de gendarme. Il s’agit ni plus ni moins que d’être en mesure de maîtriser, avec ou sans arme, un adversaire, dans un souci de sécurité optimale et dans le respect du cadre légal et réglementaire. Les réservistes se sont ainsi vu enseigner plusieurs cas de figure, qu’ils pourront potentiellement rencontrer sur le terrain : progression dans un immeuble, intervention sur une voiture volée et sur une personne alcoolisée ou violente, etc. D’autres volets liés à la maîtrise sans arme de l’adversaire et sur le maniement et l’usage des armes ont également été abordés.

Si la formation à l’I.P. constitue la part la plus importante de cette formation complémentaire, c’est en raison d’un environnement complexe et de plus en plus hostile à l’encontre des forces de sécurité intérieure. Les agressions contre les gendarmes ont en effet augmenté de 23 % en un an. Toutes les 40 minutes, les militaires sont confrontés à un refus d’obtempérer. Sans compter le phénomène des forcenés, qui a bondi de 108 % l’année passée. La gendarmerie enregistre ainsi chaque année près de 7 600 blessés (physiques et psychiques) en service.

Sur des crises importantes, le nombre de réservistes employés peut s’élever jusqu’à 5 000 par jour, sur l’ensemble du territoire. Habituellement, ce nombre est plutôt de l’ordre de 2 000, avec un engagement sur un spectre missionnel très large : lutte contre l’immigration clandestine, sécurité des mobilités, et même lutte anti-terroriste. La formation dispensée par le CRI de Pontivy prévoit d’ailleurs un cours théorique sur cette thématique.

L’engagement varié des réservistes oblige les formateurs à passer en revue tout un panel de modules destinés à mieux appréhender leurs missions sur le terrain, comme la sécurité des mobilités, mais aussi le travail en brigade. Ainsi, des cours sur l’utilisation des logiciels sont également dispensés, de même que sur les systèmes d’information et de communication.

En Bretagne, 2 000 réservistes sont employés annuellement par la région et 120 quotidiennement. 65 % sont issus du secteur civil. Le reste émane d’un vivier de jeunes retraités de l’arme. 76 % des réservistes sont des hommes et près d’un quart des femmes. La moyenne d’âge est d’un peu moins de 40 ans. Tous effectuent un peu plus de deux semaines de service par an. Concernant les PMG, le CRI de Pontivy en organise trois par an. 180 réservistes sont recrutés chaque année par la région Bretagne. Mais ce chiffre ne constitue pas une limite haute, l’objectif étant d’en recruter le plus possible afin de pouvoir compter sur un large vivier.
Alors pour devenir réserviste dans la réserve opérationnelle de la gendarmerie, c’est par ici.

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