Note N° 113 - Insincérité, mensonge et délire : quand le discours ne traduit pas la réalité

"Il nous arrive à tous de commettre des lapsus. Ce terme désigne une faute de langage, lapsus linguae, qui peut également exister à l’écrit, lapsus calami. Dès le XIXe siècle, les linguistes et les psychologues se sont intéressés à ce phénomène. En linguistique, le lapsus peut être considéré comme une perte de contrôle du dire. Fenoglio analyse le lapsus comme un événement d’énonciation dû à une défaillance de la maîtrise de l’énonciation. Pour autant, il ne relève pas uniquement de la performance énonciative. Selon Freud, il serait l’expression de brusques irruptions de l’inconscient dans le discours. Des images latentes, vagabondes, interfèrent sur la pensée et sur l’énoncé qui en découle. Ce serait pour cette raison qu’à la suite d’un lapsus, il n’est pas rare d’observer un malaise, une gêne ou de la honte de la part du locuteur. L’inconscient déjouerait les barrières du contrôle et de notre propre censeur. Il s’agirait alors d’un lapsus révélateur. Les actualités politiques ne manquent pas d’exemples de lapsus. (...)"

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Auteurs

  • Samantha BORDES, psychologue, chargée de projet scientifique en psychologie du renseignement au CRGN, doctorante en psychologie
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